Pendant Pâques, nous étions dans le sud-est de la Turquie pour poursuivre les recherches pour notre documentaire en développement, « Volunteers ». Notre voyage nous a aussi menés à Reyhanli, à la frontière syrienne.
Depuis la ville turque de Gaziantep, dans le sud-est de l'Anatolie, nous avons mis à profit les jours de Pâques pour poursuivre les recherches pour notre projet de documentaire. Le trajet jusqu'à Reyhanli, à la frontière syrienne, à seulement 70 km de la ville syrienne d'Alep, où l'on se bat, nous a surtout apporté de nombreux nouveaux contacts, informations et éclairages. Rien qu'à Reyhanli vivent plus de 100 000 Syriens qui ont fui la guerre civile.
Le nord-ouest de la Syrie, qui borde les provinces turques du Hatay, de Kilis et de Gaziantep, est une zone où toutes les parties au conflit syrien défendent leurs positions à proximité immédiate les unes des autres. À l'est de Gaziantep, directement à la frontière turque, se trouve une zone contrôlée par le soi-disant État islamique (en arabe, DAECH). Dans la zone syrienne à l'ouest de la ville turque de Gaziantep se trouvent des combattants kurdes. Plus au sud, à hauteur de Reyhanli, des unités de l'ASL (Armée syrienne libre). Mais aussi, çà et là, des combattants du Front al-Nosra, proche d'Al-Qaïda.
Nous avons trouvé une situation qui, dans bien des détails, diffère de l'image que l'on se fait habituellement à travers les médias. Les conversations avec des familles syriennes réfugiées nous ont aussi apporté de nombreux nouveaux contacts, détails et pistes que nous montrerons dans notre film.
Et quand, le soir, dans une chambre d'hôtel côté turc, non loin de la frontière syrienne, on regarde les Tagesthemen, que Caren Miosga parle dans son introduction d'une « libération » de Palmyre par les soldats de Bachar al-Assad et que le correspondant de l'ARD Volker Schwenck livre depuis Le Caire son analyse de la situation, on se rend compte que la rédaction des Tagesthemen et le bureau de l'ARD au Caire sont loin, très loin. Quand, le même jour, presque chaque réfugié syrien vous raconte qui, dans sa famille et parmi ses amis, a été enlevé, torturé ou tué par le régime d'Assad, il est cynique de parler de « libération ».
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